
Martin Schongauer est né à Colmar en Alsace, alors province allemande, vers 1450 et décédé à Vieux-Brisach (Breisach) en 1491. C’était le peintre et graveur le plus illustre de son temps. Sa renommée s’étendait jusqu’en Italie et Pays-Bas, Michel-Ange et Cellini l’admiraient.
Albrecht Dürer est venu tout exprès à Colmar en 1492 pour rencontrer Martin Schongauer, malheureusement au bout de son déplacement, il appris qu’il était décédé à Breisach l’année précédente. (il n’y avait pas encore le téléphone ni internet)
Fils de Gaspard Schongauer, un orfèvre colmarien ayant acquis le droit de bourgeoisie en 1445, le jeune Martin Schongauer étudia à l’université de Leipzig vers 1465 avant de suivre une formation itinérante dont on sait peu de choses, mis à part sa probable présence à Beaune, en Bourgogne, où il copia le Jugement dernier de Rogier van der Weyden en 1469.
Bien qu’il ait beaucoup peint, peu de ses toiles ont survécu. Parmi celles-ci, on peut citer:
Une Nativité (v. 1470, Alte Pinakothek, Munich),
La Vierge au buisson de roses, exécutée en 1473 pour la collégiale Saint-Martin à Colmar. Ce tableau considéré par beaucoup comme un chef d’œuvre de la peinture rhénane de tous les temps en raison de son caractère harmonieux, délicat et équilibré, et de la finesse de sa composition et de ses coloris. Les musées de Berlin, de Vienne en Autriche et de Munich possèdent quant à eux de petits tableaux, représentant eux-aussi des motifs religieux.
La Sainte Famille (1475-1480, Kunsthistorisches Museum, Vienne)
La Naissance du Christ (1480, Gemäldegalerie, Berlin)
Le retable des Dominicains (Musée d’Unterlinden , Colmar)
L’adoration des bergers (Staatlisches Museum , Berlin)
La Vierge à l’enfant (Kunstmuseum, Bâle).
Martin Schongauer exécute également les volets peints du retable d’Orlier (1465-1470) pour l’église du couvent des Antonins d’Issenheim, commandé par Jean d’Orlier, précepteur du couvent de 1464 à 1490 et actuellement exposé sous la tribune de la chapelle du musée d’Unterlinden à Colmar, et des fresques, dont le Jugement Dernier (1489-1491) de la cathédrale Saint-Étienne de Breisach qui est sa dernière œuvre, inachevée et très dégradée, mais qui n’en est pas moins impressionnante par ses grandes dimensions.
Mais Martin Schongauer était aussi connu pour avoir été l’un des plus grands graveurs d’Europe du Nord. Ses gravures sur cuivre, inspirées généralement de sujets religieux, sont caractérisées par un dessin très achevé, par leur richesse et par une grande finesse de détail.
L’artiste atteint une précision exceptionnelle dans le traitement des textures et des nuances entre ombre et lumière. Entre autres célèbres gravures, on peut évoquer la Mort de la Vierge et la Tentation de saint Antoine (1470-1475) peuplée de démons effrayants.
Vers 1475, il réalise un ensemble de douze gravures sur le thème de la Passion du Christ. Dans ce cycle, la Grande Montée au Calvaire offre un des plus beaux exemples de sa maîtrise de la composition et de l’expression. Vers 1490, Martin Schongauer crée un modèle d’Encensoir qui a été depuis maintes fois repris.
Bien qu’il fût l’élève d’un peintre alsacien (peut-être Gaspard Isenmann de Colmar), Martin Schongauer rapporta de ses voyages, qui l’emmenèrent jusqu’aux Pays-Bas, une connaissance approfondie de l’art flamand du XVe siècle qu’il intégra avec beaucoup de finesse à un style pictural joignant l’expressionisme et l’idéalisme du gothique international au naturalisme de la Renaissance nordique.
Martin Schongauer a été surnommé « le beau Martin » (Hübsch Martin: orthographes alternatives Hüpsch ou Hipsch, littéralement « joli Martin « ), en raison de la grâce et du fini de son travail, mais plus probablement encore en raison du raccourcissement de son patronyme en Martin Schön (schön = beau).
Le peintre Hans Burgkmair fut son élève entre 1488 et 1490.
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Vierge folle











