Le premier manuscrit de technologie de la Renaissance italienne, le Bellicorum instrumentorum liber a été publié en 1420, bien avant les célèbres dessins des machines extraordinaires de Leonard de Vinci.
Son auteur, un italien du nom de Jacomo Fontana (1393-1455), sur lequel on a peu d’éléments biographiques, exerçait comme médecin, naturaliste, physicien, mécanicien et écrivain technique.
Le titre complet du traité de Fontana est : ‘Bellicorum instrumentorum Liber, cum figuris et fictitys litoris conscriptus’.
Le seul exemplaire restant de « Bellicorum Instrumentorum Liber » est la propriété de la Bibliothèque d’Etat de Bavière à Munich.
Giovanni da Fontana (1395-1455) a obtenu ses diplômes en arts et en médecine à Padoue en 1418. Il fut médecin appointé de la République de Venise et a appartenu en cette qualité, de 1420 à 1430, aux armées qui stationnaient à Brescia.
Sa curiosité et ses recherches couvraient un large éventail; il a étudié les ouvrages historiques sur l’optique, l’astrologie, l’alchimie, de médecine, la mécanique hydraulique et pneumatique, l’art militaire etc.
Malgré un titre trompeur, le livre, composé de 70 pages in-folio et de plus de 140 illustrations, aborde en réalité de nombreuses technologies connues et établies par Philon de Byzance à Al-Jazari, par exemple.
En parcourant les illustrations, le lecteur reconnaitra des armes et engins de guerre, des fontaines, des pompes à eau, des machines de levage et de transport, des tours de défense, des serrures à combinaison, des machines à abattre les murailles, des échelles, des fours alchimiques, des automates et instruments de mesure, entre autres.
C’est également dans l’œuvre de Fontana qu’est repris le dessin de l’éolipyle d’Héron d’Alexandrie (machine à vapeur et à réaction conçue par Héron d’Alexandrie) et que figure la première représentation jamais réalisée de la lanterne magique.
Poursuivant la tradition grecque puis arabe, les automates y tiennent une large place et fonctionnent par toutes sortes de mécanismes dont des transmissions par cordes. L’hydraulique, les fontaines, et les adductions d’eau sont développés et le principe du siphon est utilisé à plusieurs reprises, siphon que l’on retrouvera dans tous les carnets d’ingénieurs du XVe siècle.
Chaque dessin est accompagné de quelques lignes de texte. La première phrase est habituellement en latin mais la suite l’est dans une écriture cryptographique. (voir le décryptage ci-dessous)


Il y a probablement plusieurs raisons qui expliquent pourquoi le texte a été codé. Le secret n’est sans doute pas la première priorité. Fontana avait certainement le gout du spectacle, de la magie. Ses « formules magiques » devaient apporter une touche de mystère, de mysticisme ésotérique dans le but d’étonner les lecteurs.
L’écriture codée aurait également pu constituer une forme de droit d’auteur, en fournissant un niveau de difficulté à toute copie non autorisée.
Un autre manuscrit de Fontana intitulé ‘Secretum de thesauro hominum ymaginationis experimentorum’, consacrée aux dispositifs mnémoniques, de la mémoire et des expériences philosophie naturelle, a également été rédigé en utilisant le même code.
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La lanterne magique





