L’Alsace est une région riche en traditions et légendes, en particulier à l’approche de Noël. Chaque année ces traditions sont plus ou moins respectées et rythment la vie des alsaciens. Le marché de Noël alsacien a acquit sa notoriété, notamment celui de Strasbourg.

La Couronne de l’Avent

L’histoire dit que c’est Johann Heinrich Wichern (1808-1881) qui a été à l’origine de la couronne. Éducateur et théologien de Hambourg, il avait recueilli des enfants très pauvres dans le Rauhe Haus, une vieille ferme et il s’occupait d’eux. Comme, pendant le temps de l’Avent, ils lui demandaient toujours quand Noël allait enfin arriver, il fabriqua en 1839 une couronne de bois, avec dix-neuf petits cierges rouges et quatre grands cierges blancs.

Chaque matin, un petit cierge de plus était allumé et, à chaque dimanche d’Avent, un grand cierge. La coutume n’a retenu que les grands cierges. Depuis 1860, l’année où est née officiellement la couronne de l’Avent, on utilise des branches de sapin ; depuis le début du XXe siècle, elle est devenue en Allemagne une des traditions de Noël. En Autriche, la coutume ne s’est introduite qu’après 1945. Cet usage allemand a été repris dans de nombreux pays y compris en France.

La Saint Nicolas

Saint Nicolas est fêté principalement dans l’est de la France (Lorraine et Alsace), le nord, la Belgique, le Luxembourg, l’Allemagne, la Hollande, l’Autriche et les Pays Bas. En Alsace, le culte de Saint Nicolas est resté important, près de 40 églises sont dédiées à Saint Nicolas. À Ottrott, il y a la chapelle du XIIe siècle Saint Nicolas.

À la Saint Nicolas, la tradition veut que les enfants qui furent sages durant toute l’année reçoivent du pain d’épice, (Le “Männele” en brioche fabriqué en particulier à Gertwiller entreprise Fortwenger) et que ceux qui n’auront pas fait figure d’enfants sages reçoivent des coups de martinet par le père fouettard.

Le mannele

Le mannele

Le Père Fouettard, qui accompagne Saint Nicolas, serait en fait le boucher de l’histoire. Pour lui faire regretter son méfait, ce dernier l’aurait condamné à l’accompagner lors de sa distribution de récompenses, en lui assignant la tâche de punir les enfants désobéissants.
La ville de Saint-Nicolas de Port en Lorraine abrite une relique du Saint depuis 1090.

Une des légendes de Saint Nicolas :
Ils étaient trois petits enfants
qui s’en allaient glaner aux champs.
Ils sont allés et tant venus
que sur le soir se sont perdus.
Ils sont allés chez le boucher :
-boucher, voudrais-tu nous loger ?

-Entrez, entrez, petits enfants,
Il y a de la place assurément.
Ils n’étaient pas sitôt entrés
que le boucher les a tués.
les a coupés en petits morceaux
et puis salés dans un tonneau.

Saint Nicolas au bout de sept ans
vint à passer dedans ce champ,
alla frapper chez le boucher :
-boucher, voudrais-tu me loger ?
-entrez, entrez Saint Nicolas.
Il y a de la place, il n’en manque pas.

Du petit salés je veux avoir
qu’il y a sept ans est au saloir.
Quand le boucher entendit ça,
bien vivement il se sauva.
Petits enfants qui dormez là,
je suis le grand Saint Nicolas.

Le grand Saint étendit trois doigts,
les trois enfants ressuscita.
Le premier dit : j’ai bien dormi.
Le second dit : et moi aussi.
Je me croyais au paradis
A ajouté le plus petit.

Le Christkindel, le père Fouettard ou Hans Trapp

Dans les légendes des Noëls d’Alsace, un trio se complète à merveille. Le « Hans Trapp » joue le rôle du méchant, Saint Nicolas, fidèle à son rôle de protecteur des enfants et le Chriskindel.

Ces trois personnages font également partie du mythe de Noël. S’Christkindel est une jeune femme douce, pleine de bonté, distribuant ses présents. Tout de blanc vêtu, elle représente la féerie des nombreuses légendes alsaciennes.

Le Père Noël

Son adresse est connue de tous :
Père Noël
1, chemin des nuages
Pôle Nord

Si tu habites hors de France, il vaut mieux lui écrire à l’adresse :
Père Noël
33500 Libourne
France

Si tu habites au Canada, voici l’adresse de son bureau :
Père Noël
Pôle Nord
H0H 0H0
Canada

Adresse électronique (email) du Père Noël

Le sapin

Au XIème siècle, l’arbre de noël, garni de pommes rouges et d’hosties, symbolisait l’arbre du paradis. C’est au XIIème siècle que la tradition du sapin est apparue en Europe, plus précisement en Alsace.

On le mentionne pour la première fois comme « arbre de noël » en Alsace en 1521 (voir le texte plus bas). Au XIVème siècle, les décorations étaient composées de pommes, de confiseries et de petits gâteaux. A cette même époque, l’étoile au sommet de l’arbre, symbole de l’étoile de Bethleem commença à se répandre. Ce sont les protestants en 1560 qui développèrent la tradition du sapin de noël pour se démarquer des catholiques.

Au XVIIème et XVIIIème siècle apparaissent les premiers sapins illuminés. On utilisait des coquilles de noix remplies d’huile à la surface desquelles des mêches flottaient ou des chandelles souples nouées autour des branches.

Une chronique de la ville de Sélestat écrite par Balthasar Beck en 1521 évoque le sapin de Noël. C’est l’une des plus anciennes traces de l’existence du sapin de Noël en Alsace voire en France. Ce texte décrit les traditions, les fêtes autour de ce sapin de Noël à Sélestat. Un passage en particulier précise comment il faut décorer le sapin (Meyen). Cliquez pour agrandir.

Une légende  de l’arbre de Noël
Il était un fois, en Allemagne, il y a très longtemps, un bûcheron. En rentrant chez lui, par une nuit d’hiver claire mais glaciale, l’homme fut ébahi par le merveilleux spectacle des étoiles qui brillaient à travers les branches d’un sapin recouvert de neige et de glace.
Pour expliquer à sa femme la beauté de ce qu’il venait de voir, le bûcheron coupa un petit sapin, l’apporta chez lui, et le couvrit de petites bougies allumées et de rubans.
Les petites bougies ressemblaient aux étoiles qu’il avait vues briller, et les rubans, à la neige et aux glaçons qui pendaient des branches.
Des gens virent l’arbre et s’en émerveillèrent tant, surtout les enfants, que bientôt chaque maison eut son arbre de Noël.

La crèche

« Crèche » signifie une mangeoire pour les animaux (cripia en latin). Selon l’évangile de Luc (2/7), Marie a déposé l’enfant Jésus dans la crèche de l’étable où Joseph et elle avaient trouvé refuge. Par extension, le mot désigne l’étable ou la grotte ou est né Jésus.

L’origine de la crèche de Noël remonte à St François d’Assise . En 1223 il organisa une scène vivante avant de célébrer la messe de Noël. Les premières crèches étaient vivantes. Peu à peu elles furent remplacées par des crèches de figurines.

Les personnages de la crèche de Noël sont ceux que l’on voit dans le récit de l’évangile de St Luc : l’enfant Jésus, Marie, Joseph, les bergers avec leurs moutons. L’Évangile ne mentionne ni bœuf ni âne autour de la crèche de Jésus. C’est là une invention tardive due au pseudo-évangile de Matthieu datant du VIIe siècle.
Pour représenter Noël, les protestants préfèrent le sapin qui symbolise l’arbre de vie, l’arbre du jardin d’Eden, du paradis d’Adam et Ève.

La nativité dans le Hortus Deliciarum XII e siècle

Calque original de Christian Maurice Engelhardt :

La nativité dans le Hortus Deliciarum XII e siècle

La nativité selon Gustave Doré

La nativité selon Gustave Doré

La messe de minuit

La tradition de célébrer une messe à minuit le 24 décembre remonterait au Vème siècle et son origine émanerait de la Provence.

La messe de minuit selon Gustave Doré (18??)

La messe de minuit selon Gustave Doré (18??)

Les marchés de Noël

Les marchés de Noël sont la tradition de l’Alsace et apparaissent en même temps que le début de l’avent. Au début les marchés de Noël ne se faisaient que dans les grandes villes, actuellement ils s’étendent jusque dans nos campagnes. Ces derniers sont souvent animés par des crèches vivantes et les légendes de Noël.

On y trouve vin chaud, bredele de Noël, accessoires pour le sapin, crèches, santons, artisanat divers, jouets, sucrerie en tout genre.

Les premières traces des marchés de Noël remontent au XIVe siècle en Allemagne et en Alsace, sous l’appellation « Marché de Saint Nicolas ». Le premier document relatant un marché de Noël est daté de 1434 sous le règne de Frédéric II de Saxe, évoquant un « Striezelmarkt » qui a eu lieu à Dresde le lundi précédent Noël. Plus tard, la Réforme a perpétué la tradition en le rebaptisant « ChristKindlMarkt » (marché de l’Enfant Christ) pour lutter contre le culte des saints. Le marché de Noël de Strasbourg date de 1570, celui de Nuremberg de 1628.

Au XIXe siècle, le ChristKindelsmarkt se tenait au Frohnhof (place aux corvées) entre la cathédrale Notre-Dame de Strasbourg, le palais des Rohan de Strasbourg et le musée de l’Œuvre Notre-Dame (actuelle place du château) et avait lieu lieu 8 jours avant Noël et jusqu’à la messe de minuit.

Un important renouveau, considéré comme commercial, a eu lieu au milieu des années 1990. De nombreuses villes en Europe ont instauré leurs propre marché de Noël avec des chalets et parfois des attractions.

Les gourmandises de Noël

Les fameux bredele de Noël dont vous trouverez des recettes sur ce site , mais également les lekerle qui sont une espèce de pain d’épice et le fameux christstolle qui est le pain de Noël.
Pour les plus gourmands et les plus courageux, le foie gras maison et pour ceux qui ont soif la bière de Noël.

L’Epiphanie et les rois mages

Fêtée le 6 janvier, la venue des rois mages Gaspard, Melchior et Balthazar chargés des présents qui sont l’or, l’encens et la myrrhe reconnaissent par ce geste la naissance du messie.
L’Epiphanie devenue la fête des rois est symbolisée par une galette ou l’on cachera une fève afin de trouver le roi ou la reine de la journée. Une tradition très enfantine perdure, en effet c’est un enfant qui distribuera les parts de gâteau. Etant caché sous la table il n’aura pu voir où se trouve la fève et désignera l’heureux élu de chaque part.

L’histoire dit que Frédéric Barberousse fit transférer les reliques des 3 rois mages en 1164 à Cologne afin de les remettre à la cathédrale récemment reconstruite. Devenus ainsi les patrons de la cathédrale et partant de toute la cité, les rois mages y furent désormais vénérés comme des saints de l’Eglise d’Occident.

Le culte des rois mages se répand d’abord dans la vallée du Rhin et gagne notamment l’Alsace, où il se prolonge par des usages populaires : ainsi les tournées, à travers les rues des villes ou des villages, d’enfants ou de jeunes gens dont trois sont déguisés en rois et dont l’un porte une grande étoile de carton fixée au bout d’un bâton. Ces processions entonnaient des chants spécifiques et s’arrêtaient volontiers devant les maisons où il pouvait leur être distribué quelques pommes, noix ou fruits secs.

Quant à la galette  des rois, la tradition paraît être née vers la Renaissance au sein des milieux corporatifs rhénans, à une époque où les guildes urbaines assuraient un encadrement à la fois économique, social, religieux et même récréatif de la vie des compagnons de métiers. Les corporations ne manquaient pas de célébrer par des banquets les principales fêtes religieuses. Dans les locaux de réunion ou le vin et la bière ne manquaient pas, leurs membres pouvaient, loin de leurs foyers, se livrer à divers rituels de confraternité virile, par exemple élire bruyamment un roi de la fête ; et cet usage s’est tout naturellement cristallisé sur la fête si bien nommée des rois.

Dans le journal tenu par un compagnon verrier de Strasbourg, et retrouvé par un historien local à la fin du XIXe siècle, il apparait la date de 1625 qui constitue la première mention connue de la tradition de la galette des rois en Alsace, et peut-être du même coup dans le monde, tant il est vrai que l’Alsace fut pionnière en bien des domaines.

Le passage rédigé en vieil allemand régional: « Uff der heilige Dreikönigstag pflegen sie Königskuchen zu backen, und in einem jedwedern Kuchen steckt eine Bohne, und wer den dieselbige bekompt, der wird für ein König gehalten « . (Le jour des trois saints rois ils ont coutume de faire des gâteaux des rois ; dans chacun d’eux est cachée une fève, et celui qui la trouve est reconnu comme le roi).

Mais l’on se demandera peut-être, pourquoi employer une fève ? D’abord, un haricot durci caché dans un gâteau se remarque immanquablement à la morsure, tout en étant lui-même un produit comestible, ce qui ne serait pas le cas d’un caillou ou d’un objet métallique qui profanerait en quelque sorte la nourriture, et surtout présenterait beaucoup plus de risques de fracturer une dent. Ensuite. La consommation de fèves cuites était extrêmement courante en Alsace à l’époque, notamment au cours des banquets corporatifs, au point de donner lieu à une chanson satirique dite Bohnelied, « chant du haricot ».

Cette coutume de la galette des rois n’a donc guère varié depuis plusieurs siècles, si ce n’est que les pois secs ont été progressivement remplacés par des fèves en porcelaine, aux motifs variés et bien vite collectionnés, puis plus récemment par de petites figurines en matière plastique.

L’usage aurait cependant pu tomber en désuétude si les efforts de communication et de promotion des professionnels de la boulangerie-pâtisserie n’en avaient décidé autrement. Naguère confinée au seul jour de l’Epiphanie, c’est désormais de la fin décembre à la fin janvier que la galette des rois envahit les rayons des magasins spécialisés comme des supermarchés.

Par ailleurs, si elle demeure majoritairement une préparation de pâte feuilletée fourrée de frangipane, elle se décline de plus en plus en diverses autres spécialités sucrées ou salées, ainsi les galettes à la volaille, au boudin blanc ou au saumon.

Les rois mages selon une gravure de Gustave Doré

Les rois mages selon une gravure de Gustave Doré

Dessin de Gustave Doré

Nouvel an

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