Hieronymus (Jérôme) Brunschwig ou Braunschweig né en 1450 à Strasbourg et décédé en 1512 à Strasbourg) était médecin, chirurgien et écrivain.

Hieronymus Brunschwig est né à Strasbourg, qui à l’époque appartenait au Saint-Empire romain germanique. Il a étudié la médecine à Paris, Bologne et Padoue. Il était avant tout un chirurgien très en avance sur son temps, spécialisé dans le traitement des blessures de guerre et en particulier celles causées par balle.

Il a été l’auteur de plusieurs livres, dont quelques ouvrages célèbres sur la distillation et la préparation de breuvages médicamenteux :

  • Kleinen Distillierbuchs. Strassburg, Johann Grüninger, 1500
  • Das Buch der wahren Kunst zu destillieren. Strassburg, Johann Grüninger, 1512
  • Liber de arte Distillandi de Compositis. Strassburg, Johann Grüninger, 1512

Mais sur la distillation et les préparations pharmaceutiques, nous y reviendrons dans un prochain billet.

Brunschwig est aussi l’auteur du premier traité de chirurgie imprimé contenant les premières notions sur les plaies dues aux armes à feu: Dis ist das buch der Cirurgia, Hantwirchung der wund artzny, Strasbourg, 1497 (Brunschwig, Hieronymus)

ou une autre impression plus tardive : Brunschwig, Hieronymus: Chirurgia, Augspurg, 1539

Le livre qui contient près de 55 gravures à la plaque de bois, s’adresse en priorité aux chirurgiens et au personnel médical ainsi qu’aux chirurgiens isolés en province ou sur les champs de bataille.

Ce n’est pas réellement un ouvrage scientifique mais plutôt un livre de vulgarisation. Il est divisé en sept traités qui décrivent les plaies, les fractures, les luxations et les antidotes. On y trouve même pour la première fois des notions sur les plaies par les armes à feu.

Il a surtout l’intérêt de présenter des figures d’instruments et des scènes pittoresques qui nous font voir le médecin au chevet du malade, le chirurgien en face de blessés atteints de fractures graves, l’apothicaire dans sa pharmacie, nous donnant ainsi une image inestimable des conditions de l’art médical et chirurgical au XVe siècle.

Strasbourg brillait alors par la qualité de ses imprimeurs dont maître Jean Grüninger était peut-être le plus important. La ville était en même temps un centre florissant d’études scientifiques. De l’imprimerie de Johannes Grüninger sortaient sans arrêt des livres en langue vulgaire, ouvrages de médecine et de chirurgie,  romans et légendes, critiques et poèmes.

Johannes Grüninger se plaisait à les habiller de gravures sur bois moins pour aider à la démonstration que par goût d’orner ses livres. Il faut se rappeler qu’à l’époque peu de gens savaient lire, l’illustration rendant l’accès aux livres possible au plus grand nombre. On éprouve un réel plaisir à regarder ces quelques 50 figures sur bois aux lignes pleines, ombrées, à l’air délicieusement archaïque.

Après l’inévitable saint « Sébastien chirurgical », transpercé de pieux, de flèches et de casse-tête, qui ouvre le volume, les scènes se succèdent : oeuvres d’un artiste inconnu, elles comprennent dix-huit bois différents, mais répétés plusieurs fois et combinés souvent l’un avec l’autre de façon à obtenir un nombre total de 50 illustrations, souvent à l’alignement parfait comme par exemple le parquet au sol.

Dans une des gravures les plus connues, un apothicaire, de sa baguette, désigne les pots placés sur une étagère, pots portant chacun un signe particulier qui permet de reconnaître immédiatement le produit qu’ils contiennent.

Une des planches qui se remarque le moins et qui, au point de vue technique, présente pourtant un intérêt considérable, nous offre la représentation d’un meuble chirurgical garni d’instruments suspendus autour de la table ou posés sur elle. On y trouve des perforatrices, des speculum, des pinces, des rasoirs, des ciseaux, des seringues, scies, maillets, tire-balles, trousses, etc.