cliquez pour agrandir

Jeroen ou Hieronymus Van Aeken naît vers 1450 à ‘s Hertogen-bosch (Bois le Duc) au sein d’une grande famille d’artistes, se consacrant notamment à la peinture à fresques et la dorure de statues. Il sera formé dans l’atelier familial et prendra par la suite le pseudonyme de Bosch, emprunté à son pays natal, afin de se différencier des autres membres de sa famille.

Epousant en 1480 une fille de riche aristocrate, il est accueilli comme « membre notable » par la confrérie Notre-Dame, association religieuse consacrée au culte de la Vierge, dont il devient naturellement le peintre attitré. Sa vie à Bois le Duc se déroule alors paisiblement entre sa femme, son atelier et la confrérie, ce qui n’empêchera pas sa renommée de s’étendre bien au delà des frontières de son pays natal.


C’est dans ses lectures et dans l’atmosphère d’hérésie et de mysticisme régnant alors, que Bosch puise une inspiration nouvelle, qui lui fait délaisser l’iconographie traditionnelle de ses débuts, pour s’orienter vers des œuvres « sacrilèges » où le religieux se confronte au pêché et à la damnation.

L’enfer se mêle au paradis, et le satirique à la morale. On y voit sa préoccupation pour l’humanité corrompue condamnée à l’enfer éternel (triptyque du Chariot de foin v. 1500, Musée du Prado, Madrid) pour avoir tourné le dos à la loi divine. L’obsession du pêché s’illustre dans les sept pêchés capitaux (1475-80, Musée du Prado, Madrid), la Nef des fous (1490-1500, Musée du Louvre, Paris), le triptyque Jardin des délices terrestres, v.1503-04 (Musée du Prado, Madrid), allégorie fantastique complexe, composition de personnages et d’animaux hybrides, comportant de nombreuses références à l’alchimie. Le triptyque Jardin des délices est sans doute l’œuvre la plus connue du grand public de ce peintre.

Le voyage de Bosch à Venise au début du XVIème siècle, donne une nouvelle dimension à sa créativité, on remarque plus d’espace et de paysages dans Saint-Jean à Pathmos (1504-05, Berlin, Gemäldegalerie), Saint-Jérôme en prière (v. 1505, Gand, musée des Beaux-Arts) ou la Tentation de Saint Antoine (1510, Madrid, Musée du Prado), œuvres qui montrent l’exemple de la vie des saints comme unique voie de salut.

Vers 1510 apparaît une nouvelle évolution avec les tableaux « à demi-figures », représentations de personnages à mi-corps, placés au premier plan (le couronnement d’épines, 1510, Madrid Escorial).

Les œuvres de Bosch n’étant pas datées (une description de ses œuvres par un aristocrate espagnol a toutefois permis de les identifier), on pense que nombre des peintures portant sa signature ont pu être réalisées par ses successeurs, admirateurs de son œuvre. Bruegel l’Ancien saura en pénétrer le sens et en fera la base de sa propre création.

Jérôme Bosch ne peint que sur du bois et d’ailleurs il faut retourner ses tableaux pour découvrir des trésors cachés ! Au revers des ‘Jardins des délices’, triptyque réalisé vers 1480-1490, se trouve représentée la création du monde, (1ere image ci-dessous) représentant avec une forte poésie l’émergence d’un globe terrestre du noir néant.

(Vous pourriez penser que le nom de mon blog est inspiré de cette œuvre…eeh ben non…il existe une autre « œuvre d’art »  appelée « Le jardin des délices » ou « hortus deliciarum » qui est un manuscrit médiéval disparu en 1870. J’ai d’ailleurs prévu de faire un billet sur cet incunable qui n’a malheureusement pas survécu à la bêtise humaine. En attendant, vous pouvez voir quelques photos de calques ou copies de calques dans le billet intitulé « la Bibliothèque André Malraux de Strasbourg ». Utilisez pour cela le moteur de recherche de mon blog.)

Reprenons…Dans le Jardin des délices (panneau central 220 × 195 cm ; panneaux latéraux 220 × 97 cm, musée du Prado, Madrid), œuvre aux tonalités chaudes et de couleurs vives, il témoigne de la crainte permanente de la damnation de l’âme et du châtiment de l’enfer. Il y illustre les péchés et châtiments infernaux dans des scènes excessivement riches en personnages, détails, objets énigmatiques et monstres, où s’exprime une imagination débordante et inquiétante à la fois.

À la création du monde (la Genèse), évoquée en grisaille sur le revers des volets, succède sur les trois faces la représentation des perversions humaines : la tentation, le péché, la mort et le jugement dernier.
Sur le panneau de gauche, Jérôme Bosch dépeint le Paradis où se tiennent Adam et Ève. La fontaine de la Connaissance et l’arbre du Bien et du Mal — où se love le serpent — annoncent le péché originel. Des animaux exotiques (éléphant, girafe) côtoient des animaux fabuleux, notamment la licorne (figuration du Christ dans l’iconographie religieuse).

Les plaisirs représentés sur le panneau central, appelé le Jardin des délices, évoquent une humanité dépourvue de conscience morale. La fontaine de Jouvence et l’œuf (symbole de l’enfance) suggèrent l’état originel, alors que le reste de la composition est consacré aux vices, annoncés par une armée d’hommes-poissons.

Dans la partie médiane, des cavaliers accompagnés d’animaux (les vices) entourent un bassin (la lascivité) dans lequel se baignent des femmes blanches et noires (la tentation).

Le registre inférieur représente le lac et le jardin de l’amour. Des couples s’y enlacent ou dévorent des fruits, symboles sexuels. Inconstance (la bulle de cristal craquelée, le papillon), copulation (les coquilles de moules), adultère et homosexualité, mort et péché (le hibou et le martin-pêcheur) sont évoqués. En bas à droite, saint Jean-Baptiste annonce à Ève la venue du Sauveur.

Dans l’Enfer peint sur le panneau de droite, de sombres guerres poussent les condamnés vers leur châtiment (à l’arrière-plan). Le panneau fourmille de personnages hybrides, s’exhibant dans les positions ou contorsions les plus extravagantes : une truie est affublée d’une coiffe de religieuse (en bas, à droite) ; un énigmatique « homme-arbre » accueille une taverne dans son torse en forme d’œuf et, sur sa tête, un cœur transformé en cornemuse (au centre de la composition) ; plus loin, deux oreilles démesurées sont tranchées par un couteau, etc.

Une iconographie très stricte sert, là encore, la dénonciation des péchés : l’appât du gain signifié par la table de jeu renversée, l’ivrognerie par la taverne installée dans l’estomac du monstre, la luxure par un couple attaché à une harpe et un luth, ou la perversion (un homme chevauchant une femme). Présidant la scène infernale et sulfureuse, un monstre à tête d’oiseau avale les damnés qu’il expulse ensuite, tels des excréments. (sources : wikipedia, msn encarta)

Je vous propose un pack de 112 images JPEG reproduisant ses peintures. A télécharger  (15 Mo) :  Lien

Enfin, je vous rappelle cette excellente galerie virtuelle ou de nombreux peintres et graveurs sont exposés, en particulier les peintures et les dessins de Jérôme Bosch : c’est ici

Auto portrait

Auto portrait

Si cet article vous a plu, partagez le !
  • Facebook
  • Twitter
  • Google Bookmarks
  • Technorati
  • Netvibes
  • del.icio.us
  • Digg
  • Live
  • StumbleUpon
  • Wikio FR
  • MySpace
  • blogmarks
  • Add to favorites
  • Yahoo! Bookmarks
  • MSN Reporter
  • Fleck
  • MisterWong
  • Blogosphere News
  • viadeo FR
  • Scoopeo
  • Print
  • email
  • PDF
  • RSS